Aristotele, Racconti miravigliosi

a cura di Gabriella Vanotti,

Testi a fronte
Bompiani, 2007
235 pages dont 81 pages de texte grec avec traduction italienne en regard, introduction [49 p.], commentaire [75 p.] et bibliographie [16 p.].

Compte rendu par Sébastien Barbara

Cet ouvrage, paru en 2007 chez Bompiani, dans une collection originale et dynamique qui s’est déjà distinguée par des éditions de Panétius (1) ou de Denys le Périégète (2) , vient concurrencer le volume de la Loeb Classical Library (3) [abrégé ensuite LCL] qui était jusqu’ici l’édition la plus accessible du De mirabilibus auscultationibus [abrégé ensuite Dma] du Ps.-Aristote, mais dont le moindre défaut était de n’avoir pas été mise à jour depuis 1936.
L’importance capitale de ce texte pseudépigraphe pour la paradoxographie en général et pour l’approche de l’hellénisme d’Occident en particulier n’est pas à démontrer. Il était donc important de disposer d’une édition accessible et, sans nul doute, celle que nous présentons ici remplira sa fonction principale, celle de proposer au grand public une édition moderne, simple, pratique et précise. Nous devons cette édition à Gabriella Vanotti, une spécialiste des traditions littéraires relatives à l’Occident hellénique, qui a notamment publié un ouvrage sur Enée (4) et plusieurs études sur des notices du Dma, en particulier dans la revue Hesperìa, et qui était naturellement bien placée pour mener à bien cette tâche d’édition.

Précédée d’une indispensable introduction qui présente avec une grande clarté et beaucoup de lucidité les principales problématiques du Dma, l’édition de G.V. se révèle très utile pour l’« honnête homme » qui souhaiterait découvrir cette œuvre originale, mais aussi pour les étudiants et les enseignants qui verront ainsi facilité l’accès à ce texte fondamental et qui trouveront là un outil de travail très correct avec texte grec en regard. Il ne s’agit cependant pas ici d’une édition scientifique du texte. G.V. suit globalement le texte de l’édition Bekker qui remonte à 1831 et celui-ci est ici présenté sans apparat critique. Elle ne signale qu’incidemment, dans la marge inférieure, les corrections de Bekker, Westermann, Apelt ou Giannini ; elle en adopte d’ailleurs parfois certaines, mais il est dommage que d’autres ne soient signalées que dans le commentaire notamment une importante correction de Heyne au § 79 ou bien une intéressante variante au § 95.
Pour ce qui est du commentaire les spécialistes resteront sans doute sur leur faim devant une partie qui ne compte que 75 pages. Il est vrai que si les 178 notices du Dma occupent une place réduite, elles appellent en revanche une foule de commentaires qui pourraient remplir à eux seuls plusieurs volumes. Mais, sur ce point, G.V. a choisi une approche pragmatique tout à fait louable : ne pas laisser de notice sans un commentaire, même réduit, et ne pas s’égarer dans des analyses trop approfondies que ne réclamait pas une édition grand public comme celle-ci. Chaque notice est donc accompagnée d’un commentaire qui aborde les principaux problèmes soulevés, assorti de quelques parallèles présents dans la littérature ancienne.
La fin de l’édition est occupée par une bibliographie de seize pages. Le classement adopté –à la fois chronologique et alphabétique– ne se justifie pas dans la mesure où de nombreux travaux mentionnés sont essentiellement cités dans le commentaire pour aborder des points précis des notices et qu’ils n’intéressent pas toujours la problématique générale du Dma. Par ailleurs, outre quelques fautes de présentation, on trouve de nombreuses coquilles et oublis qui sont le signe d’une mise en forme rapide de cette partie : p. 222 Karistos au lieu de Karystos ; le titre correct de l’article d’U. Fantasia est « Le leggende di fondazione di Brindisi e alcuni aspetti della presenza greca nell’Adriatico » ; p. 227 Jourdain et non Jourdan ; Sibylline et non Sibilline ; Italia et non Italtà ; p. 228 de La Genière et non de_La Génière ; p. 231 griegos et non griecos ; p. 232 une référence incomplète (ni nom, ni titre, ni page) etc.
On peut surtout regretter enfin l’absence d’un index rerum notabilium qui eût assurément été utile à ceux qui sont peu familiers avec ce texte et qui y cherchent quelque chose de précis ou bien une liste initiale récapitulant les entrées de la compilation permettant une vue d’ensemble sur le « traité », accessoire bien pratique là aussi pour les néophytes à qui le Dma ne manquera pas d’apparaître dans ces conditions comme un bric-à-brac sans queue ni tête.

Plus riche, sans conteste, que l’éd. de W. S. Hett dans la LCL, beaucoup plus accessible que celles d’H. Flashar (5) et de G. Giannini (6), munie enfin de références actualisées, l’édition de G.V. semble donc sans concurrent sérieux aujourd’hui. Mais si cette nouvelle édition se présente désormais comme l’édition la plus accessible du Dma, elle n’éclipse cependant ni celle de Flashar pour le commentaire ni celle de Giannini pour l’édition scientifique du texte et les indices. Du reste, avec 235 pages, force était de renoncer à quelque chose et, en attendant une édition scientifique de ce traité, il est certain que cette édition saura rendre nombre de services en particulier faciliter l’accès à cette compilation fascinante.

(1) E. Vimercati (éd.), Panezio, Testimonianze e frammenti, 2002. [Retour au texte]

(2) E. Amato (éd.), Dionisio di Alessandria, Descrizione della terra abitata, 2005. [Retour au texte]

(3) W. S. Hett (éd.), Aristotle, t. XIV. Minor Works, Cambridge (Ma.) – Londres, 1936 (LCL, 307). [Retour au texte]

(4) G. Vanotti, L’altro Enea. La testimonianza di Dionigi di Alicarnasso, Rome, L’« Erma » di Bretschneider, 1995. [Retour au texte]

(5) H. Flashar (éd.), Aristoteles, Mirabilia, Berlin, 1972. [Retour au texte]

(6) G. Giannini (éd.), Paradoxographorum Graecorum reliquiae, Milan, s.d. (1965). [Retour au texte]

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