Éphèse et Pergame Urbanisme et commanditaires en Asie Mineure romaine

Helmut Halfmann

(Scripta Antiqua ; 11)
Ausonius éditions, 2004

Compte rendu par Markus Kohl

HALMA-IPEL UMR 8164 (CNRS, Lille 3, MCC)

En 2001, Helmut Halfmann avait publié un livre unanimement salué, intitulé Städtebau und Bauherren im römischen Kleinasien: ein Vergleich zwischen Pergamon und Ephesos, (Istanbuler Mitteilungen Beih. 43), Ernst Wasmuth Verlag (2001) dont j'ai livré un compte rendu dans Topoi 13, 2004, p.1-4. Les éditions Ausonius de la Maison de l'Archéologie, Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3 en proposent aujourd'hui une traduction française, ce qui me donne l'occasion de comparer les deux livraisons.

Notons dès le départ que ce livre mérite entièrement d'être accessible aux lecteurs non germanophones. L'auteur décortique le caractère propre de chacune des villes. La distinction réside non seulement dans le passé des deux villes, mais s'explique par le caractère démographique lié à la situation géographique; tandis qu'Éphèse attire et assimile plus facilement des étrangers, notamment romains, qui s'enrichissent dans le commerce, Pergame garde une société urbaine fermée fondée sur les propriétaires fonciers. Les relations entre la cour romaine et l'aristocratie urbaine sont alors plus difficiles à construire à Éphèse qu'à Pergame, ce qui influe certainement les possibilités d'obtenir des autorisations de construction. Je ne vais pas détailler davantage ici le contenu du livre, je tiens seulement à signaler quelques différences et incohérences linguistiques.

La version allemande offre un index fort utile dans lequel le lecteur peut rapidement s'orienter sur des sites, lieux et personnages qui l'intéressent. Ainsi on trouve par exemple facilement les occurrences de Smyrne qui sont systématiquement répertoriées. On y découvre en outre une entrée à part pour «Smyrne (Alt-Ephesos)». En effet, l'auteur dans la version allemande désigne p.26 l'ancienne Éphèse, c'est-à-dire l'éphèse lysimachéenne comme Smyrne, ce qui dans la traduction française devient finalement tout simplement Smyrne. Dans la mesure où l'édition française ne dispose pas d'index, cette erreur reste indécelable au lecteur français, qui a du mal à saisir pour quelle raison l'auteur parle à cet endroit de façon impromptue de Smyrne. En revanche, la version française a l'avantage d'offrir la bibliographie complète en fin de volume tandis qu'elle est dispersée dans les notes infra-paginales dans la publication allemande.

Signalons un problème typographique. La première ligne de la p.91 souffre de l'absence répétée des é, tronquant ainsi plusieurs mots. Qu'il nous soit permis de relever quelques problèmes issus des spécificités du vocabulaire archéologique qui conduisent à plusieurs imprécisions. Ainsi, l'allemand Aquädukt désigne un pont aqueduc tandis que (Wasser)leitung signifie ce que l'on appelle aqueduc en français archéologique. Ces finesses ne sont pas évidentes pour chacun. Ainsi, nous trouvons p.41, 49, 71, 83, 107, 125 une meilleure lecture si l'on remplace aqueduc par pont aqueduc et p.55, 58, 71, 82, 83, 89, 107, 125 aqueduc au lieu de conduite, canalisation, adduction etc.

En prenant en compte ces quelques suggestions, le lecteur francophone pourra tirer le meilleur profit de cette excellente étude de cas.

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