Archives de l'auteur : Christophe Hugot

Christophe Hugot est responsable de la Bibliothèque des sciences de l’Antiquité de l’Université Lille 3 et administrateur du blog Insula.

Akhénaton et Néfertiti à l’heure du numérique

Exposition ATON-NUM à l’Université de Lille jusqu’au 24 juin 2017.

L’Université de Lille SHS présente l’exposition ATON-NUM à partir du 24 avril 2017. Cette exposition numérique a pour sujet la révolution religieuse d’Amenhotep IV, devenu Akhénaton. Grâce à des reconstitutions servant d’outils aux chercheurs, le visiteur peut plonger dans le monde d’Akhenaton et Néfertiti.

« Aton » : le disque solaire

Au XIVe siècle av. J.-C., Amenhotep IV, pharaon de la glorieuse XVIIIe dynastie, délaisse le dieu Amon au profit d’une nouvelle conception de la divinité, Aton, réduite au simple disque solaire. Sans totalement faire disparaître les nombreuses divinités alors adorées en Égypte, il célèbre le culte d’un « dieu unique ». Ce changement de religion a des conséquences majeures : le Pharaon change son nom, construit sous le nom d’Amon (Amenhotep, ou Amenophis, en grec), pour en prendre un construit sur celui d’Aton (AkhénAton). Les rituels et l’architecture des temples changent de manière radicale, ces derniers étant dès lors construits sans toit pour être baignés par les “divins” rayons. Une nouvelle capitale est créée selon des techniques architecturales inédites : Akhet-Aton « l’Horizon d’Aton » (Tell el-Amarna), bâtie sur une zone désertique, entre Memphis et Thèbes, le long du Nil. L’art devient le reflet de la doctrine politico-religieuse d’Akhenaton.

Akhénaton et Néfertiti se prosternant sous les rayons du soleil d'Aton - ATON-NUM © Archéovision - Archéotransfert
Akhénaton et Néfertiti se prosternant sous les rayons du soleil d’Aton – ATON-NUM © Archéovision – Archéotransfert

La difficulté pour appréhender les changements majeurs de cette brève révolution tient dans le fait que la mémoire d’Akhenaton fut effacée après sa mort mystérieuse. Les traces des temples, que ce soit à Karnak ou à Amarna, ont disparu. En effet, après cette brève révolution amarnienne, la nouvelle capitale fut entièrement rasée. Tout y a été détruit (Amarna) ou réemployé (Karnak). Comme le résume Robert Vergnieux, Commissaire scientifique de l’exposition ATON-NUM, « dès la mort d’Akhénaton, les autres clergés, le clergé d’Amon notamment, qui était très puissant avant celui-ci, n’ont eu de cesse d’effacer toute trace de son règne ». Heureusement, les fondations des bâtiments d’Amarna sont encore lisibles dans le sol, permettant de restituer la physionomie si particulière des édifices de la capitale. Par ailleurs, il a été retrouvé de très nombreuses représentations, en particulier sur des milliers de blocs dispersés (talatât, en arabe) retrouvés à Karnak, réemployés dans d’autres architectures. Ces images, qui représentent la vie quotidienne de Pharaon, des édifices, des temples, offrent aux archéologues une mine de renseignements. L’exposition ATON-NUM rend compte de cette multitude de sources hétérogènes et éparses.

ATON-NUM © Archéovision - Archéotransfert
ATON-NUM © Archéovision – Archéotransfert

« Num » : le contenu numérique de l’exposition

Tout au long des recherches menées sur le règne d’Amenhotep IV-Akhénaton, de nombreux modèles 3D de travail ont été créés par la plate-forme technologique 3D ARCHEOVISION et la cellule de transfert ARCHEOTRANSFERT pour étayer et valider les hypothèses des chercheurs. « Pour chaque bâtiment, plusieurs versions ont été proposées et soumises aux égyptologues partenaires du projet », résume Loïc Espinasse, ingénieur 3D à ARCHEOVISION. Les scènes 3D furent modifiées et mises à jour au fur et à mesure des avancées de la recherche.

ATON-NUM est un bel exemple de médiation scientifique. Il ne s’agit pas de présenter la recherche pour elle-même mais d’utiliser les données et les outils de la recherche pour faire une médiation sur une période historique. C’est ainsi que certains des modèles numériques ayant servi de supports à la recherche durant trente ans sont utilisés pour concevoir les présentations numériques de l’exposition. ATON-NUM propose de nombreuses installations multimédias innovantes (Cubtiiile, table Multi-Touch, Revealing Flashlight…), ainsi que des films pour découvrir la restitution des édifices et lieux où se sont déroulés les événements liés à cette révolution. Grâce aux relevés archéologiques et au numérique, il est désormais possible de visiter le petit temple et le grand temple d’Amarna, de se promener dans un jardin luxuriant, suite à un long travail de recherche sur les pollens, d’écouter l’hymne au dieu Aton, ou encore de visualiser les travaux sur la polychromie grâce une reproduction d’un buste du pharaon sur laquelle sont simulées les couleurs perdues grâce au Revealing Flash Light (la restitution de la polychromie de la sculpture étant vidéo projetée sur une copie en résine de l’œuvre antique).

Buste d'Akhénaton et Robert Vergnieux, Commissaire de l'exposition ATON-NUM - Photographie Ch. Hugot
Buste d’Akhénaton et Robert Vergnieux, Commissaire de l’exposition ATON-NUM – Photographie Ch. Hugot

Pour aller plus loin, le visiteur pourra consulter des ouvrages mis à disposition, provenant de la Bibliothèque d’égyptologie, de la Bibliothèque des sciences de l’Antiquité et de la Bibliothèque centrale de Lille3. Enfin, les plus motivés peuvent se rendre sur le site www.aton-num.fr et proposer leurs idées via un crowd-sourcing !

Ci-dessous, trailer de l’exposition (on Vimeo).

Aton-num_Teaser_Lille from Archéovision – Archéotransfert

Cette exposition expérimentale est organisée dans le cadre du projet scientifique du Learning Center Archéologie/Égyptologie/SHS de l’Université de Lille – sciences humaines et sociales et réalisée par le laboratoire Archéovision – UMS 3657 et la cellule de transfert Archeotransfert, avec le partenariat de la Casden et le soutien de la société Immersion, la région Nouvelle-Aquitaine, l’Association Égyptologique de Gironde, l’Université de Bordeaux-Montaigne, le centre National de la Recherche Scientifique, l’Université de Bordeaux, le laboratoire de recherche en informatique, l’Institut de Recherche en Informatique et en Automatique, le Centre Franco-Égyptien d’Études des Temples de Karnak, l’Association pour le Développement de l’Enseignement et des Recherche en Aquitaine et l’Agence Nationale de la Recherche.

Commissariat scientifique : Robert Vergnieux, égyptologue.
Pour le Learning Center, Université de Lille – SHS : Camille De Visscher et Christophe Hugot

Renseignements pratiques

L’exposition se tient dans le hall de la Bibliothèque centrale de l’Université de Lille, SHS (Métro Pont-de-Bois).
Du 24 avril au 24 juin 2017.

Programmation

Du Lundi 24 Avril 2017 au Samedi 24 Juin 2017

Vernissage de l’exposition Aton-Num, Akhénaton et Néfertiti à l’heure du numérique.
Mardi 2 mai 2017 à 18h, Bibliothèque Universitaire centrale
En présence de Robert Vergnieux, égyptologue et commissaire scientifique de l’exposition.

Visites guidées de l’exposition (tous publics)

• Les mardis à 12h30
• Les mercredis à 14h30
• Les jeudis à 18h00

Visites guidées et atelier enfant « À la découverte des hiéroglyphes »
• Les mercredis à 14h30
Visites guidées et ateliers pédagogiques destinés aux scolaires
Les visites guidées et les ateliers sont animés par des médiateurs étudiants spécialistes de la discipline.

Informations et réservation : camille.devisscher@univ-lille3.fr

ATON-NUM − © ARCHEOVISION
ATON-NUM − © ARCHEOVISION

Les fouilles archéologiques à Thasos lauréates du Prix de la Fondation Simone et Cino Del Duca

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Mission Thanar (Thasos, abords Nord de l’Artémision).

Le Comité de la Fondation Del Duca, sur proposition de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, a décerné le Grand Prix 2017 d’archéologie de la Fondation Simone et Cino Del Duca à un programme de recherche mené depuis 2002 à Thasos (Grèce). Il s’agit du prix le plus important dans le domaine de l’archéologie : il vient couronner une mission plus que centenaire de l’École française d’Athènes dans laquelle l’université de Lille SHS joue un rôle pilote depuis une trentaine d’années.

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Voir une restauration de vases grecs au Musée du Louvre-Lens

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Un voyage en Afghanistan, d’Alexandre à nos jours

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Nouvelle présentation pour Le Vase qui parle, exposé à Toulouse

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