Une mémoire en actes : espaces, figures et discours à Rome et dans le monde romain

Entretien avec Stéphane Benoist.

Le Centre de recherches Halma-Ipel organise, les 26, 27 et 28 septembre 2013, son 37e Symposium international. Cette année, cette manifestation scientifique prend place dans le cadre du programme « Monumenta, traces écrites et figurées de la mémoire dans le monde romain ». Nous avons demandé à Stéphane Benoist, professeur d’histoire romaine à l’université, de nous présenter le programme Monumenta et, plus spécifiquement, le colloque lillois qui a pour titre : Une mémoire en actes : espaces, figures et discours.

Stéphane Benoist, Professeur d’Histoire romaine à l’université Lille 3, est par ailleurs directeur-adjoint de l’équipe Halma-Ipel, UMR 8164 (CNRS, Lille 3, MCC).

Christophe Hugot : L’université Lille 3 accueille un colloque international dans le cadre de « Monumenta, traces écrites et figurées de la mémoire dans le monde romain ». Sur quoi porte exactement ce programme Monumenta ?

Affiche Monumenta
Affiche Monumenta

Stéphane Benoist : Le programme Monumenta fait suite aux travaux menés dans le cadre « Les victimes de la damnatio memoriae » (UMR 8585, Centre Glotz, programme lancé en 2002 et renouvelé en 2006). Il porte sur la mise en scène dans l’espace impérial de la memoria en partant des aspects étudiés à propos de la mémoire avertie, condamnée et réhabilitée. Ce programme aborde en particulier le rôle des espaces publics, enrichis, décorés par les grandes familles et devenant ainsi des monumenta au statut pouvant évoluer du public au privé et réciproquement. Monumenta s’intéresse également à la mémoire de certains personnages, qu’il s’agisse d’une figure exemplaire, ou bien en revanche de son exact contraire, nourri par le topos du mauvais comportement (par exemple bon prince/mauvais prince). Enfin, ce programme développe des approches politiques, juridiques et socio-économiques permettant de croiser les expressions tant épigraphiques qu’iconographiques et littéraires de la mémoire.

Ch. Hugot : Il s’agit d’un programme pluridisciplinaire.

St. Benoist : En effet. La réflexion envisagée est centrée sur les traces écrites et figurées, leur emplacement, leur signification dans un réseau très dense de communication et leur gestion par les autorités centrales, provinciales, urbaines et privées (collégiales et familiales). De fait, cette enquête collective qui réunit des spécialistes du monde romain (historiens, épigraphistes et philologues) est nourrie par les travaux des historiens de l’art, les recherches archéologiques, mais aussi les apports de l’anthropologie qui permettent d’appréhender les phénomènes sous des angles variés.

Ch. Hugot : Quels sont les résultats déjà obtenus par ce programme ?

St. Benoist : Les collaborateurs principaux de ce programme ont envisagé de fonctionner sur la base d’un séminaire pluri-annuel nourri par des exposés des membres et des interventions de collaborateurs français et étrangers, portant sur des lieux, des personnages et des modalités d’expression de la mémoire par l’écrit et l’image. Ces séminaires et journées d’études se réunissent à Paris, Dijon et Lille. Deux publications sont sous presse : un volume à Dijon correspondant à la rencontre de mars 2012 et un ensemble de contributions (à paraître dans les prochains Cahiers Glotz) consacrées à Germanicus.

Ch. Hugot : Quelle est la place d’Halma-Ipel dans ce contexte ?

St. Benoist : Comme j’ai pu le signaler, ce programme est fortement lié à l’origine aux activités du groupe de recherche sur « Les victimes de l’abolitio memoriae ». Ce programme (VAM) est désormais inscrit depuis 2010 à Halma-Ipel avec la constitution d’une banque de données. Halma-Ipel est par ailleurs, depuis la naissance du programme en janvier 2010, l’un des trois centres de recherche partenaires de Monumenta avec l’UMR AnHiMA à Paris et, depuis 2012, l’UMR ARTeHIS à Dijon.

Ch. Hugot : De quoi va parler plus spécifiquement le congrès lillois ?

St. Benoist : La rencontre permet de décliner en trois temps les aspects principaux de notre recherche collective en mettant successivement en avant des espaces multi-scalaires, depuis la domus jusqu’à la colonie de Philippes en Macédoine en passant par l’Aventin de Rome, des figures remarquables, des origines du principat aux derniers feux de la cité de Rome au début du ve siècle (Mécène, les Iulii et l’usurpateur Attale), enfin les modalités d’un discours, véritable rhétorique de la mémoire par les mots et les images. La séance introductive et chaque session feront l’objet d’introductions, de rapports et d’interventions, destinés à illustrer les enjeux d’une telle enquête.

Pour en savoir plus

Colloque « Monumenta, traces écrites et figurées de la mémoire dans le monde romain »
les 26, 27 et 28 septembre 2013
Lieux : Palais des Beaux-Arts de Lille (le 26 septembre) et Maison de la Recherche de Lille 3 (27 et 28 septembre).

Inscription et programme :
http://commandes.recherche.univ-lille3.fr/inscription-evenement/SYMPOSIUMMonumenta/

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Christophe Hugot, « Une mémoire en actes : espaces, figures et discours à Rome et dans le monde romain », Insula [En ligne], ISSN 2427-8297, mis en ligne le 16 septembre 2013. URL : <http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2013/09/une-memoire-en-actes/>. Consulté le 3 décembre 2016.