Arachné, base de données pour l’archéologie classique

Arachné est la base de données centrale du German Archaeological Institute (DAI), en association avec le Research Archive for Ancient Sculpture de l’Université de Cologne. Nous en délivrons dans ce billet un bref descriptif.

Arachné fournit aux archéologues et spécialistes de l’Antiquité un outil de recherche gratuit et performant dans un ensemble de corpus constitués de milliers de documents incluant :

  • de la documentation traditionnelle numérisée (ouvrages, fonds d’archives photographiques, etc.)
  • de nouveaux objets numériques (données textuelles ou iconographiques nativement numériques)

Tour d’horizon des contenus de la base Arachné

iDAI.Images :
Bases d’archives photographiques (photographies numérisées de sculptures antiques du German Archaeological Institute à Rome, archives photographiques des instituts archéologiques d’Istanbul, du Caire, de Rome et de Madrid).

iDAI.Bookbrowser :
Bibliothèque numérique d’ouvrages archéologiques anciens (la plupart sont des imprimés du 16e-18e siècle) provenant de divers fonds (German Archaeological Institute à Rome, Research Archive for Ancient Sculpture et Bibliothèque de l’Université de Cologne, Winckelmann-Institute à Stendal).

Monument Browser :
Outil de navigation et d’exploration de plusieurs monuments antiques : Ara Pacis (Autel de la Paix d’Auguste), Colonne de Trajan, corpus photograhique de sarcophages antiques, Autel de Pergame. Un dernier projet concerne les monuments antiques de la colonie romaine de Cologne (Colonia Claudia Ara Agrippinensium) à partir d’une carte numérisée de Mercator (1571).

Collections :
Cette partie rassemble plusieurs bases d’images sur la sculpture antique provenant de différentes collections en Europe (principalement d’Allemagne), une collection photographique de l’archéologue Max Freiherr von Oppenheim, et une collection consacrée aux peintures et dessins du Musée Winckelmann à Stendal (Allemagne).

Projects :
Le DAI participe via la base Arachné au projet européen CARARE qui vise à rassembler les contenus numériques dans le domaine du patrimoine archéologique et architectural, et à les rendre accessibles dans Europeana, la bibliothèque numérique européenne.
Le deuxième projet (The Hellespont Project) est le fruit de la collaboration entre le Cologne Digital Archaeology Lab (CoDArchLab) et l’équipe de la bibliothèque numérique Perseus à la Tufts University. Il a pour ambition d’intégrer Arachné et Perseus, ce qui constituera à l’avenir la plus vaste collection virtuelle de documents sur le monde gréco-romain.

Publications :
Dans la partie Publications, on trouve plusieurs corpus spécialisés (sarcophages antiques, sceaux minoens et mycéniens), des collections d’images (scupltures du Musée archéologique de Thessalonique, masques de terre cuite des provinces du nord-ouest de l’Empire romain), une version numérisée de l’oeuvre Musée de sculpture antique et moderne par le comte de Clarac (1777-1847), et enfin une collection de documents autour de la Basilique Emilienne du Forum romain.

Paradigmes de conception et de publication

Arachné est conçue selon un modèle innovant qui va dans le sens des évolutions actuelles du Web (Web sémantique, Web de données).

Techniquement, la base de données repose sur un certain nombre de protocoles et standards qui assurent l’interopérabilité et la structuration des informations. Sans entrer dans des considérations trop techniques, on notera simplement que ces standards concernent la modélisation des données (selon l’ontologie CIDOC-CRM), la production de métadonnées (protocole OAI-PMH, formats Dublin Core, METS/MODS), l’encodage de textes (TEI P5), ou encore la syndication de contenus (Atom).

Le choix d’une licence libre pour la publication en ligne d’Arachné mérite aussi d’être souligné. Les contenus sont pour la plupart publiés sous une licence Creative Commons autorisant leur libre reproduction, distribution ou communication (selon les termes de la licence).

Conclusion

Bien que très succincte, cette présentation d’Arachné dénote une certaine posture de la part de ses concepteurs. La base de données a été conçue selon des principes fondamentaux qui sont au coeur des projets menés dans le cadre des Digital Humanities :

  • un modèle favorable à l’échange et au partage des données et métadonnées, grâce au recours à des standards et formats ouverts.
  • l’interdisciplinarité et le travail collaboratif : le développement d’un tel outil (d’un niveau de technicité élevé) ne peut qu’être le résultat d’une collaboration étroite entre archéologues, spécialistes du document numérique, informaticiens et développeurs web.

Arachné démontre ainsi toute l’expertise des équipes du Cologne Digital Archaeology Lab (CoDArchLab) dans la numérisation massive de données issues de l’archéologie et la représentation numérique d’objets archéologiques. Elle est, avec Perseus (développé à la Tufts University), une des réalisations de grande envergure dans le domaine des technologies numériques appliquées aux sciences de l’Antiquité.

Ce laboratoire est un bon exemple de structure spécialement dédiée aux applications de l’informatique à l’archéologie. Il dépend du Cologne Center for eHumanities (Université de Cologne) qui, à l’instar de la Perseus Digital Library, est membre de centerNet, un réseau international de centres de recherche en Digital Humanities.

Pour aller plus loin

Pour la prise en main de l’interface d’Arachné, des vidéos d’écrans (screencasts) sont disponibles sur Youtube.

Sur le modèle CIDOC-CRM : voir la fiche descriptive sur le site de la Bnf.

Sur le Web de données : voir la fiche descriptive sur le site de la Bnf, et surtout visionner l’excellente présentation vidéo intitulée Le Web de données : perspectives pour les métiers de l’information documentation par Emmanuelle Bermès, disponible sur le site de l’ADBS.

Sur les centres de Digital Humanities : voir la carte proposée sur le site de centerNet, et lire la présentation de Corinne Welger-Barboza Les Centres de Digital Humanities : un monde effervescent, publiée dans l’Observatoire critique. On lira aussi avec intérêt le dossier Le Grand Tour à l’heure des Digital Humanities qui prend la forme d’un rapport de voyage d’étude dans trois centres de Digital Humanities aux Etats-Unis, et publié sur l’ancien site de l’Observatoire critique (archive 2006-2008, toujours accessible en ligne).

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Citer ce billet

Régis Robineau, « Arachné, base de données pour l’archéologie classique », Insula [En ligne], mis en ligne le 5 octobre 2010. URL : <http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2010/10/arachne-base-donnees-archeologie-classique/>. Consulté le 21 octobre 2014.