Ovide et les métamorphoses de l’art moderne

Compte rendu de l’ouvrage de Paul Barolsky, Ovid and the Metamorphoses of modern art from Botticelli to Picasso, édité par Yale university press, 2014.

L’historien de l’art Paul Barolsky propose un ouvrage très illustré consacré au traitement des Métamorphoses d’Ovide dans l’art. Ce livre, réalisé pour des esprits curieux plutôt qu’à des spécialistes, est une invitation à (re)lire les Métamorphoses et à (re)visiter les musées pour s’enquérir d’autres tableaux inspirés du poème d’Ovide. Un livre agréable à feuilleter, offrant un corpus riche et varié, dont le propos stimulant est parfois difficile à suivre.

Compte rendu par Océane Puche, qui prépare un doctorat en littérature latine et littérature comparée dont le sujet est : « Les épîtres héroïques de Marie-Jeanne L’Héritier : traduction et réception d’Ovide au XVIIe siècle » sous la direction de Jacqueline Fabre-Serris (Université Lille 3) et Ute Heidmann (Université de Lausanne).

Un « beau livre » qui se veut accessible aux non spécialistes

Ovid and the Metamorphoses of modern art from Botticelli to Picasso
Paul Barolsky, professeur d’Histoire de l’art et de la Renaissance italienne à l’Université de Virginie, publie aux Presses Universitaires de Yale Ovid and the Metamorphoses of modern art from Botticelli to Picasso. La maison d’édition a assurément voulu donner aux lecteurs ce que l’on appelle un « beau livre » et ses attraits sont nombreux : il est édité en un format agréable qui permet de le manipuler aisément, le papier glacé fait honneur aux œuvres d’arts qui occupent une grande place. Sur plus de deux cent cinquante pages, on compte pas moins de cent-quinze œuvres, très bien référencées tant dans le corps du texte que dans l’index. La plupart des tableaux et sculptures, reproduits en couleurs sur demi-page et parfois même sur page entière, ravissent les yeux et se dévoilent dans les moindres détails. Ce choix éditorial permet en outre une lecture « participative » qui pousse le lecteur à se prendre au jeu et à chercher avec l’auteur les indices qui guident l’analyse. On peut regretter que l’oeuvre ne soit pas toujours face au texte qui lui correspond mais les indications précises et les renvois à la numérotation permettent de s’y retrouver aisément.

Barolsky se propose de montrer que pour Ovide l’art est un type de transformation / métamorphose mais également que de nombreux artistes ont considéré leur art comme des métamorphoses du texte d’Ovide en image. Il pose alors à de nombreuses reprises la question de la capacité des images – et en réalité – des artistes à représenter des textes et celle des textes à faire voir une image. L’auteur écrit incontestablement en un historien de l’art, et non, malgré ses connaissances étendues des Métamorphoses d’Ovide, en littéraire spécialiste du poète.
Le livre s’adresse d’ailleurs, de son propre aveu, non pas aux spécialistes et érudits mais plutôt aux historiens de l’art, aux étudiants en littérature, en études comparées des arts et surtout aux amoureux des Métamorphoses. Barolsky ne prétend pas faire œuvre de savant mais plutôt stimuler ses lecteurs et leur présenter des objets artistiques plaisants ou amusants qui témoignent de l’importance du poète dans l’art et de la façon dont les artistes ont cherché l’émulation avec ce dernier. L’ouvrage se veut démocratique donc dans le sens où il n’est pas réservé à une petite élite d’universitaires. L’auteur donne une telle vocation démocratique à son ouvrage qu’il adopte une forme qu’il faut qualifier de non « conventionnelle », c’est-à-dire qui ne respecte pas les conventions de tout travail universitaire, et donne dès la table des matières une impression d’approximation. Il parvient néanmoins à faire sentir toute sa passion pour le poète de Sulmone et surtout pour son « carmen perpetuum » qu’il connaît sans aucun doute sur le bout des doigts.

Un cours sur Les Métamorphoses d’Ovide et l’art

Il s’agit moins d’une démonstration claire et percutante d’une thèse que d’un cours sur Les Métamorphoses d’Ovide et l’art, tissé de digressions et d’excursus qu’il justifie assez légèrement par la construction même de l’œuvre. La table des matières présente sept parties : I. The adventure of reading Ovid ; II. The pleasure of Ovidian Art ; III. Love, Lust and artifice ; IV. Variations on the theme of Pygmalion ; V. From Stoicism to Seduction, VI. Weaving together erotic fictions, VII. Elegy and play.

Il est difficile de dégager là une articulation logique et cela l’est d’autant plus pour les « sous-parties » (environ une trentaine par partie) qui se présentent plutôt comme une série de paragraphes – parfois autobiographiques – sans hiérarchie apparente (ou sous-entendue). Certaines remarques, plutôt secondaires voire hors de propos, prennent la place d’un paragraphe entier, au même titre que les brillantes analyses qu’il donne des tableaux. La construction du livre est en somme assez peu soignée et ne suit pas les règles canoniques d’un exposé, ce qui peut décontenancer certains : l’introduction se confond avec le premier chapitre et l’ouvrage s’achève sur un paragraphe d’à peine dix lignes, servi en guise de conclusion sous le titre « Envoi ». En outre, le lecteur est conduit à procéder à des va-et-vient à l’intérieur du livre pour obtenir l’analyse complète du mythe et de ses représentations. À titre d’exemple, prenons le deuxième chapitre, « The pleasure of ovidian art » qui suit la construction du premier livre des Métamorphoses. Barolsky y développe de longues analyses (pp. 35-45) sur la métamorphose de Daphné en laurier que l’on croit closes avant de découvrir à la fin du chapitre suivant au titre quelque peu racoleur, « Love, lust and artifice », huit pages qui traitent spécifiquement du même objet. Les chapitres nous sont donnés dans un ordre qui ne semble pas avoir de réelle justification si ce n’est le flux de pensées de Barolsky. Certains thèmes transversaux, par exemple la pratique du non-finito qui revient à de multiples reprises, auraient pu cependant constituer des parties distinctes, ce qui aurait produit peut-être un livre plus efficace et dynamique.

Le choix de ne pas donner de notes de bas de page ni de bibliographie consistante (si ce n’est la sienne) participe de l’impression que laissent çà et là les propos de l’auteur : il ne cite aucune source, survole des thèmes centraux dans l’art – littéraire certes – d’Ovide et fait allusion à des écoles de pensées, concepts et genres littéraires qui ne trouvent jamais de définitions claires, ce qui entre tout de même en contradiction avec sa volonté de produire un livre pour un public de non-érudits. On regrettera notamment le manque d’approfondissement du thème du tissage qu’il aborde çà et là et qui fait l’objet d’une partie entière « Weaving together erotic fictions ». Barolsky ne pose jamais clairement la question de la métaphore du tissage et du texte dans toute la littérature ancienne et chez Ovide en particulier. Il semble parfois s’étonner de la dimension métapoétique (« art about art », p. 151) des Métamorphoses et notamment dans son analyse des tableaux représentant Arachné défiant Athéna.

Le stoïcisme et l’élégie, bien qu’ils paraissent dans les titres des parties VI et VII ne sont ni définis ni expliqués : Barolsky omet des éléments fondamentaux et notamment dans Elegy and play qu’Ovide est un poète passé maître dans le genre. On éprouve d’ailleurs de réelles difficultés, dans ce dernier chapitre, à comprendre comment l’auteur passe d’une idée à une autre, à moins d’accepter de suivre cette pensée qui va « à sauts et à gambades ».

Figures mythologiques

Pygmalion

Pygmalion (Daumier)
Pygmalion (Daumier)

Pour bien comprendre ce que veut démontrer Barolsky, il faut s’en tenir, semble-t-il, à ses merveilleuses et enthousiasmantes analyses de l’historien de l’art qu’il est. Il parvient avec brio à faire avec les œuvres d’art (et peut être faudrait-il ici trouver un nom ?) ce qui dans les études littéraires s’appelle de l’intertextualité, – c’est-à-dire la mise en évidence des textes produits les uns avec / par rapport / en réponse aux autres par des systèmes de reprises de motifs, de clins d’œil ou de citations. Il montre de façon captivante dans son quatrième chapitre (qui est le plus clair sur le plan de l’argumentation) comment à partir d’un mythe rapporté par Ovide dans les Métamorphoses, celui du plus célèbre sculpteur de tous les temps, Pygmalion, les artistes ont représenté mais également revisité le mythe par des jeux d’échos entre les tableaux ou de déplacements par rapport à l’objet même. Daumier propose en 1842 une lithographie parodique, « Pygmalion », qui selon les remarques de Barolsky, fait suite à la sculpture, très sérieuse quant à elle, d’Honoré Falconet, célèbre dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle. À noter que Sophie Schvalberg a récemment proposé que Daumier réagissait ici à une œuvre picturale de Girodet présentée au Salon de 1819 et exposée aujourd’hui au Louvre1. Magritte, dans son Tenter l’impossible, métamorphose pour sa part le mythe en faisant de Pygmalion un peintre et non plus un sculpteur, dont le sujet n’est pas reproduit par un effet de mise en abyme sur un tableau mais sur la toile que l’on regarde et à l’échelle de l’artiste lui-même. Le sujet féminin identifiable à Galatée est alors représentée comme un humain « en cours de fabrication », prête à prendre la parole et à se mouvoir une fois que son bras sera achevé.

Chloris et Flora, Daphné

« Le Printemps » de Botticelli sous la loupe de Barolsky, bénéficie également et dans un autre genre, d’une fabuleuse analyse faisant appel à des connaissances en littérature ovidienne : il montre comment l’artiste prend dans les Fastes d’Ovide un mythe qui n’est pas traité comme une « transformation », celui de Chloris devenue Flora, et la façon dont il le traite sur le tableau comme une métamorphose en tant que telle. Botticelli a cherché à représenter la métamorphose de la jeune femme en faisant apparaître sur la toile deux personnages féminins, Chloris (avant) et Flora (après) auxquelles il confère un mouvement qui donne l’impression que l’une est le résultat de l’autre. Cette impression est soutenue par le procédé qui vient tout droit d’une autre métamorphose traitée en tant que telle chez Ovide, celle de Daphné poursuivie par Apollon : en jouant de façon très subtile avec les éléments floraux, l’artiste fait apparaître çà et là des détails sur la parure et le visage de la future déesse Flora (de même que Daphné se couvre peu à peu de feuilles de laurier), mimant alors la métamorphose dont le résultat est visible immédiatement à gauche. P. Barolsky met en lumière dans son analyse éblouissante le véritable tour de force de Botticelli qui a transformé un épisode des Fastes, par l’intermédiaire du mythe de Daphné, en une métamorphose. Cette interprétation du tableau fait une place reine à l’interdisciplinarité et met en avant ce que l’historien de l’art promeut au fil de ses pages, la nécessité d’un décloisonnement des savoirs.

"Le Printemps" de Botticelli
« Le Printemps » de Botticelli

Les amours de Jupiter

Junon et Argus (Rubens)
Junon et Argus (Rubens)

Dans ce même troisième chapitre, Barolsky fait une place importante aux amours de Jupiter et notamment à l’épisode de la nymphe Io. Transformée en vache pour échapper à Junon, elle est offerte à cette dernière pour dissiper tout soupçon d’adultère et confiée à Argus, le veilleur aux cent yeux. Barolsky se livre alors à une étude très riche du tableau de Rubens, « Junon et Argus », qui représente la déesse collectant les yeux de ce dernier qui vient d’être tué par Mercure. La tableau comporterait de l’avis de l’auteur une dimension réflexive qu’il explique à nouveau en confrontant littérature et peinture. Cette analyse repose en effet sur un va-et-vient entre le tableau de Rubens et le texte d’Ovide (Métamorphoses, II) : l’auteur remarque la présence d’un arc-en-ciel au-dessus des sujets, arc-en-ciel qui chez Ovide est considéré comme la représentation de multiples couleurs et qui devient peut-être chez l’artiste les possibilités qu’offre sa palette. À cela s’ajoute que le verbe employé par le poète de Sulmone pour décrire les yeux qui parent désormais les plumes du paon relève du champ lexical de la peinture, ce qui, mis en relation avec les yeux du gardien, suggère assurément l’art le plus optique qui soit à savoir la peinture. Barolsky achève son analyse par une réflexion autour de la robe rouge rubis de Junon. La déesse collectant les yeux d’Argus pour en décorer les plumes des paons doit être interprétée comme une auto-représentation de l’artiste, Rubens, dont le nom est si proche du terme qui désigne la couleur rouge en latin, rubeus. L’activité à laquelle la déesse se prête étant liée chez Ovide à la peinture, Barolsky en conclut de manière assez convaincante qu’il s’agit là non seulement d’une représentation de l’activité artistique mais encore d’une figuration de l’artiste « réel », Rubens lui-même, à l’intérieur même du tableau. Les analyses qui mêlent à fois littérature et histoire de l’art sont nombreuses et font incontestablement la force de l’ouvrage.

Des œuvres d’art connues, d’autres moins

Narcisse (Caravage)
Narcisse (Caravage)

Le livre de Barolsky s’adresse pour tout dire aux curieux. Au fil des pages, le lecteur a le plaisir de trouver des tableaux et autres œuvres d’art « attendus », accompagnés d’une analyse fine (Apollon et Daphné du Bernin, La chute d’Icare de Bruegel, Narcisse du Caravage etc.) mais il a également la surprise de découvrir des œuvres moins connues mais présentant un réel intérêt dans le parcours proposé. À ce titre, évoquons les lithographies parodiques de Daumier, le surprenant Mars de Velázquez, l’originale Daphné de la sculptrice Kiki Smith, l’effroyable Andromède de Rembrandt. Barolsky propose deux tableaux, Junon recevant de Mercure les yeux d’Argus, et Vertumne et Pomone de Hendrick Goltzius, auteur d’une série de cinquante et une gravures dont le sujet se trouve être les Métamorphoses elles-mêmes. Barolsky est assez sévère avec le graveur néerlandais et sans raison apparente il qualifie le premier tableau de pompeux et prétentieux et le deuxième trouve grâce à ses yeux qu’en ce qu’il traite son sujet à la manière de Rubens. Nous renvoyons, pour réhabiliter l’artiste quelque peu décrié ici à un billet, paru en février 2014 sur Insula, un peu plus enthousiaste au sujet de ce recueil.

Ovid and the metamorphoses of Modern Art from Botticelli to Picasso est un beau livre, il faut le souligner encore, qui remplit l’objectif que l’auteur s’est fixé en tête de l’ouvrage : donner envie de (re)lire les Métamorphoses et d’aller au musée s’enquérir d’autres tableaux inspirés du poème d’Ovide. Malgré les problèmes évidents de construction et d’organisation interne qui heurtent parfois la lecture, c’est un livre agréable à feuilleter. C’est un ouvrage qui ne laisse pas indifférent et laisse un double sentiment d’enthousiasme et d’insatisfaction : Barolsky est virtuose dans les analyses qu’il propose et passionne avec les parcours qu’il dessine dans le monde artistique mais il est aussi défaillant sur des points essentiels (l’art littéraire d’Ovide, les concepts, genres littéraires et les courants de pensée qui ne relèvent pas de l’histoire de l’art). C’est par conséquent un ouvrage à offrir volontiers à un novice passionné de mythologie et/ou qui souhaite se lancer dans des études d’histoire de l’art. Il constitue également un très bon outil pédagogique pour élaborer un cours sur la mythologie. Il peut non seulement servir de point de départ pour des étudiants non-avertis mais encore donner de belles idées d’études comparées entre littérature et histoire de l’art pour d’autres, peut-être plus familiers avec le poète. Pour conclure, c’est un bel ouvrage, riche d’analyses mais à manipuler, dans un cadre universitaire, avec grande précaution.

À propos de ce livre

Paul Barolsky, Ovid and the metamorphoses of modern art from Botticelli to Picasso, Yale University Press, 2014, XVIII-250 pages, ISBN 978-0-300-19669-6

Notes du texte

  1. Sophie Schvalberg, Le modèle grec de l’art français : 1815-1914, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 94. Voir le compte rendu de cet ouvrage paru sur Insula : Christophe Hugot, « Le modèle grec de l’art français : 1815-1914 », Insula [En ligne], mis en ligne le 6 octobre 2014. URL : http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2014/10/le-modele-grec-art-francais-1815-1914/. Consulté le 30 janvier 2015. []

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